Année du Chien

(dessin Martine Besson )

Le nouvel an chinois est fixé au 16 février 2018, donc, il est temps de « sortir le chien » et de vous offrir ce 18 ème cours de Chinois, prétexte à mes voeux toujours tardifs (le tout premier date de 2003).
Voici donc le Chien de terre.
Un manque de temps chronique doublé d’ une flemmingite aigue me pousseraient volontiers à vous proposer une révision du cours précédent, et, pourquoi pas, une interrogation écrite puisque en 2006, nous avions déjà eu droit au meilleur ami de l’homme…

Double par sa symbolique, compagnon fidèle ou support d’insultes, le chien est bien sûr multiple par la diversité des races existantes. Quel est le point commun entre un Chihuahua et un dogue du Tibet, entre un pékinois et un danois ?
Dans la littérature jeunesse ou les bandes dessinées, les chiens sont souvent sympas : Rantanplan, et Droopy sont mes préférés.
Je me souviens de Pif, le chien manichéen pour qui les choses se divisaient entre « glop » et « pas glop ». 
Même Crokdur l’énorme chien d’Hagrid (dans Harry Potter) ne parvient pas à être antipathique. On arrivera même à avoir pitié du molosse multicéphale qui veille sur les secrets de Poudlard à cause de son nom parfaitement ridicule : il s’appelle Touffu. (Réponse à la question posée il y a 12 ans). Dans de nombreuses civilisations, c’est un chien qui garde la porte des enfers.
Enfin, je garde le souvenir de cette valse opus 64 n° 1 de Chopin, dite « du petit chien » elle décrit un chiot qui cherche à attraper sa queue.

Passons au cours de Chinois et d’abord une révision d’un des 2 caractères qui servent à désigner le chien :

Goŭ se prononce un peu comme cow en anglais (presque ke’ou ) au 3ème ton (représenté par l’accent circonflexe à l’envers) la voix descend vers les graves puis remonte vers les aigus.

Ce mot se combine à d’autres pour former diverses insultes : par exemple « pet de chien » 狗屁 gǒu pì dans le sens de sornettes, âneries bobards
ou alors 赖皮狗 lài pí gǒu : chien galeux, vaurien. Il a aussi le sens de « maudit »
Au chien servile et docile nous opposerons le loup Láng   

ou le chacal chái 

la combinaison chacal-loup chái láng   signifie : bandit, mafieux.

(On remarquera à gauche de ces différents caractères, la clé  propre aux animaux).

Lors des précédents cours sur le chien et surtout sur le mouton, (début 2015 ) j’avais souhaité terminer sur la fable le loup et l’agneau sous forme de lipogramme en u et en f, histoire d’alléger mon propos.
En ce début d’année 2018, comme il y a 3 ans, je mesure encore plus l’ampleur des combats à mener pour la liberté ; c’est donc la fable le loup et le chien que je vous propose de relire (à ma connaissance, elle n’a pas été « lipogrammée », vous pouvez tenter l’aventure). Mes pensées vont vers ce loup qui choisit fièrement une vie sans collier.
Pour être honnête, mon addiction aux chats et mon intérêt limité pour les chiens trop obéissants, m’ont de nouveau posé problème pour rédiger ce cours. Je préfère le loup que je souhaite réhabiliter à travers cette chanson pas politiquement correcte d’Henri Tachan.*

Au début de l’année passée, dans mon travail, j’ai fait un choix réfléchi de liberté, j’ai balancé aux orties un « collier qui m’étranglait » ; les conséquences furent lourdes à gérer, mais, même dans les moments les plus difficiles, je n’ai jamais regretté cette décision, et je remercie ceux qui m’ont aidée et soutenue.
Je vous souhaite de rester fidèles à vos idéaux, de sortir grandis des épreuves, et de rester libres et solidaires.
Je nous souhaite aussi de nombreux cours de chinois annuels…
Mais pour finir sur une note plus légère, outre les classiques vœux de richesse santé et bonheur (à la chinoise, dans l’ordre) je vous adresse à nouveau ce faux proverbe chinois dont j’ai oublié l’origine
« Que les puces d’un millier de chiens galeux infestent le cul de celui qui te gâchera une seule seconde ton année 2018. Et que les bras de cet abruti deviennent trop courts pour qu’il ne puisse jamais se le gratter… »
Xin Nian Kuài Lè !

Bénou Paule-Annick Ben Kemoun
Bibliographie
http://www.chine-nouvelle.com/outils/editeur.html
Ricci
Wang HongYuan aux sources de l’écriture chinoise sinolingua Beijing
*Merci à Martine pour le dessin

**la chanson d’Henri Tachan et surtout celle qui suit (si vous avez la lecture automatique) n’est pas à mettre entre toutes les oreilles.

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